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ROST 104-105

Réapprenons l’honneur avec les Anciens

Le numéro 104-105 (décembre 2011-janvier 2012), paru, est dédié à Petre Tutea, à 20 ans de son passage dans l’au-delà. Peut-être le meilleur numéro dans l’histoire de notre publication ! Sans exagération et sans fausse modestie. Vous pouvez le constater par vous-même en consultant le sommaire plus bas. Ou mieux encore, en lisant la revue.

En plus du substantiel groupage sur Petre Tutea (20 pages), vous y trouverez un autre, au moins tout aussi consistant et relevant, sur l’honneur. Honneur, déshonneur, héritage et grâce. L’histoire nationale, l’identité nationale et l’avenir de notre nation considérés à travers un sentiment noble qui se paye lourdement, parfois au prix du sang.

Le Père Amfilohie Brânza, confesseur au Monastère Diaconesti (Bacau), qui a beaucoup limité ses apparitions publiques ces dernières années, nous parle de la dignité chrétienne, celle qui nourrit la vertu et explique le martyre. Il le fait avec un élan bien maîtrisé, avec sagesse et avec amour. Ceux qui peuvent, qu’ils y prêtent attention, et ceux qui, en plus, ont un cœur, qu’ils vibrent.

Et enfin, mais pas en dernier lieu, la fête de la Naissance du Seigneur est considérée de points de vue peu habituels : sociologique, démographique, économique, ethnographique et… philologique.

La rubrique « prose » va également vous surprendre ; y est présenté un fragment de roman, fresque du village d’entre les deux guerres, écrit avec une lucidité remarquable et un réel talent, par un prêtre, Constantin Crisan, ancien détenu politique qui n’est plus parmi nous depuis longtemps (Toma Spataru).


ROST 103

LA CRISE DE L’AUTORITÉ

Le numéro 103 de notre revue est paru. Son thème central le constitue la crise de l’autorité. Dans le sommaire : Claudiu TARZIU – L’échelle des vertus intellectuelles ; Razvan CODRESCU – La Roumanie entre deux paradigmes et La crise moderne de l’autorité ; Paul SLAYER GRIGORIU – L’autorité de la parole écrite ; Vlad DIACONU – L’autorité confessionnelle entre papisme et sectarisme ; Dan CIACHIR – Le patriarche Paul de Serbie.

Le « dossier » de ce numéro, réalisé par Madame Lilica VOICU-BREY, est dédié à Alexandru CIORANESCU (1911-1999) dont le centenaire est fêté ce mois-ci. L’interview de ce numéro est accordée par Monsieur Razvan BUCUROIU, directeur-fondateur du magazine illustré Le monde chrétien, arrivé à son 100e numéro.

Le texte intitulé À la cour des princes célestes vient au devant de la fête des Saints Archanges Mihail et Gavriil (le 8 novembre). Un autre genre de rencontre avec ces Saints offre les pages du journal de la peintre d’icônes Teodora ROSCA, Témoignages sur l’identité.

Parmi les signataires de ce numéro on compte aussi Paul NISTOR, Radu PREDA, Claudiu TARZIU sous un jour moins connu (voir le groupage lyrique Poèmes tardifs), Dan STANCA, Sorin LAVRIC, Elena DULGHERU etc. L’illustration de couverture, symbolique (axis mundi au crépuscule de l’histoire), appartient au photographe Irinel CÎRLANARU. (R. C.)


ROST 102

LE CORPS ET L’ÂME

Dans son numéro d’octobre, la revue de culture chrétienne et politique ROST aborde avec beaucoup de courage un sujet délicat : comment la « révolution sexuelle » écarte l’homme de lui-même, des autres et de Dieu. Le souci exagéré – ce qui veut dire prioritaire et, souvent, exclusif – pour son corps et les besoins immédiats de celui-ci est le résultat naturel d’un long processus de déspiritualisation inauguré par l’anthropocentrisme et le naturisme de la Renaissance, passant par l’athéisme et le matérialisme illuministe pour arriver aux formes de perversion et de dégénérescence du monde contemporain » pense Razvan CODRESCU, rédacteur en chef de la publication. Par conséquent, le retour au naturel, à la normale, tant dans la vie intime que dans la vie sociale, n’est possible que par le sentiment religieux.

Sans rapport avec le thème de la couverture, l’enquête d’opinion de ce numéro présente les vues d’un psychiatre, d’un théologien, d’un écrivain et d’une journaliste sur une réalité tout aussi préoccupante : la tendance de féminisation de l’homme et de masculinisation de la femme dans la modernité. Une tendance qui gagne de plus en plus de terrain et qui a des origines confessionnelles et idéologiques.

En outre, dans l’éditorial, Caudiu TARZIU, Directeur de la publication, attire l’attention sur le déclin de la famille roumaine causé par la pornographie, le planning familial, la compétition entre les sexes, le féminisme, le libéralisme sexuel extrême et le mirage de la carrière.

Dans sa partie politique, ROST s’arrête sur les récentes révoltes et révolutions des pays arabes, sur les facteurs qui ont déclenché, cet été, des violences entre des jeunes protestataires et autorités dans quelques capitales européennes et sur la politique extérieure de la Roumanie, qui est « merveilleuse mais totalement absente »*[note] – comme qui dirait. Tout compte fait, L’affaire Rosia Montana, merveilleusement radiographiée (historique, dangers, culpabilités), appartient également au chapitre politique. À Rosia Montana, le problème n’est pas simplement économique ou social, mais surtout culturel et écologique. Par l’émiettement des montagnes et l’apparition de lacs cyanurés, une partie très importante de la plus ancienne civilisation roumaine est anéantie et les vies de tous les Roumains, pas seulement des Moti tout proches, sont mises en danger.

La personnalité à laquelle on rend hommage dans ce numéro est le regretté peintre ecclésiastique et écrivain Radu MARCULESCU, ancien vétéran et détenu politique. L’interview de l’édition est accordée par l’actrice Laura VASILIU, du Théâtre Nottara, qui a acquis la notoriété grâce au rôle principal dans le film « 4 mois, 3 semaines et 2 jours » réalisé par Cristian MURGU.

 *[note] -  Allusion à la stupidité des personnages politiques de I. L. Caragiale. 


ROST 101 

LA NOUVELLE REVUE ROST PARAIT SOUS LE SIGNE DE LA CROIX

Arrivée à son 101e numéro, le mensuel de culture chrétienne et politique ROST est relancé en septembre dans une nouvelle formule éditoriale et graphique, spectaculairement améliorée.

Dans les 80 pages imprimées en couleurs sur un papier de la meilleure qualité, aux couvertures cartonnées et plastifiées mates, vous trouverez des études, des documentaires, des essais, des interviews et des reportages sur une réalité politique, historique et culturelle vue à travers la grille chrétienne.

Le thème central de cet édition est la Croix : du signe de la foi chrétienne au symbole de la souffrance des Roumains. « Le monde roumain est plein de meurtrissures, du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Ses blessures forment une croix au dessus de la mère-patrie. Une croix dont le cœur, Harghita – Covasna, saigne aujourd’hui le plus. Une croix qui peut être rédemptrice dans l’éternité ou seulement affligeante pour toujours. » – nous dit-on en première de couverture.

Come à l’accoutumée, ROST vous offre aussi un documentaire sur une personnalité-repère : Mihail MANOILESCU, politicien patriote et économiste véritable qui a rendu de grands services à la Roumanie ; entre autres, il a fortifié le leu dans une période de crise. « Nous avons choisi de l’évoquer non seulement pour l’exemplarité de sa personnalité, mais aussi pour la prise de conscience à laquelle instiguent ses témoignages » – argumente la rédaction son choix. La présentation de la vie de MANOILESCU est jalonnée de fragments de ses Mémoires – un vrai document historique de la période d’entre les deux guerres.

À noter également dans le sommaire la dernière interview accordée par le grand confesseur Petroniu TANASE du Saint Mont Athos. Le texte, intitulé « L’homme est homme quand il tend vers Dieu », est publié ici en première, à quelques mois du passage du Père Petroniu dans l’éternité. D’outre tombe, Awa Petroniu nous montre comment connaître et maîtriser notre plus grand péché, nous explique pourquoi nous devons fuir la télévision et l’internet, et nous indique comment assumer notre foi comme un sacrifice.

Nous vous recommandons également la très intéressante enquête d’opinion « Le couple entre concubinage et mariage » à laquelle répondent le psychologue Andreea TULBAN, l’écrivain Dan STANCA, le Père Professeur Constantin NECULA et l’acteur Dan PURIC. Et aussi les nouvelles rubriques : poésie (Dante Aligheri, La Divine Comédie. Le Purgatoire – Chant XXIII, traduit par Razvan CODRESCU), prose (L’histoire du Juif Friedin, fragment du roman Gora Mborgali ou Le Sourire du Destin, par Ciabua AMIREDJIBI, prince géorgien et ancien détenu politique anticommuniste), philosophie (la pensée de Lucian BLAGA analysée par Sorin LAVRIC) et critique de film (Elena DULGHERU sur les ratés dans le dernier film de Cristi PUIU, L’aurore).

La revue ROST est dirigée par le journaliste Claudiu TÂRZIU, Directeur de la publication, et par l’écrivain Razvan CODRESCU, Rédacteur-en-chef.

Parmi les collaborateurs permanents de la revue figurent des noms connus et appréciés par notre public : les écrivains Liliana URSU, Ovidiu HURDUZEU, Sorin LAVRIC et Dan STANCA, les historiens Flori BALANESCU, Paul NISTOR, Mircea STANESCU et George ENACHE, les théologiens Radu PREDA et Pr. Prof. Dr. Mihai VALICA, le médecin Prof. univ. Dr. Pavel CHIRILA, les musiciens Catalin TIRCOLEA et Paul SLAYER GRIGORIU, le critique cinématographique Elena DULGHERU, l’acteur et réalisateur Dan PURIC.


ROST 99

Portrait d’un héro : Aurel STATE

Le numéro 99 de la revue Rost vient de paraître. Il est dédié à Aurel STATE, héros inconnu de la plupart des Roumains.

Parti volontaire sur le front antisoviétique, il a monté en grade et a été décoré, pour sa bravoure, de la Croix de Fer et de l’Ordre Mihai Viteazu.

Fait prisonnier, il a connu le goulag. De retour en Roumanie, il a été jugé à nouveau pour ne pas avoir trahi son pays. Condamné, il a souffert, pendant des années, dans les plus dures prisons communistes. Il a décrit ses supplices dans un livre terrifiant qu’il a réussi à envoyer en Occident, où il a été publié*. Et ça, il l’a payé de sa vie.
 


ROST 98

Concernant l’écrivain et prêtre Virgil GHEORGHIU

Le numéro 98, paru, est dédié à Constantin Virgil GHEURGHIU, écrivain et prêtre (n. 1916, Războieni, Neamţ – d. 1992, Paris). Diplômé en philosophie et en théologie, il a reçu le Prix Royal de poésie en 1940. Réfugié politique en France dès 1948, il devient connu grâce à son roman La vingt-cinquième heure, traduit en plusieurs langues. Le 23 mai 1963, il a été ordonné prêtre de l’Eglise Orthodoxe Roumaine de Paris. Mais la vraie vocation de C.V. Gheorghiu, prouvée dans le temps, reste la littérature.

Nos recommandations dans le sommaire : Russel Kirk, Dix principes conservateurs – traduit par Paul Ghiţiu ; Alina Ioana Dida, Radiographie de la Roumanie dans la crise ; Constantin Miu, La poésie eucharistique ; prêtre Mihai Valică, Orthodoxie et philanthropie ; Constantin Mihai, Comput pascal. Le salut par la souffrance ; prêtre Andrew Phillips, Que font les saints quand nous les oublions ? ; Alexandru Boboc-Cojocaru, Redécouverte de l’identité roumaine au sud du Danube.


ROST no 97

Pr. Florea Mureşanu – martyr et héros

Le numéro 97 (mars) de la revue Rost est dédié au Père Florea Mureşanu – théologien, grand savant, héros et martyr de l’Église orthodoxe, tué, sous les communistes, dans la prison d’Aiud. Parmi les textes qui lui sont consacrés, on remarquera l’ample et dense étude du hiéromoine Grigorie BENEA basé sur le dossier constitué par la Securitate sur le Père Florea.

Dans les 100 pages de ce numéro, nous vous recommandons : l’interview accordée au théologien Mihail Băcăuanu par le prêtre orthodoxe anglais Andrew Philips, La crise actuelle est une conséquence de nos pêchés ; Alexandru Mălureanu, Cioran et  la transfiguration de la Roumanie (une analyse du controversé volume de jeunesse du philosophe) ; Alina Ioan Dida, La Police des mots (sur la censure des manuels, « politiquement correcte », aux États-Unis) ; Alexandru Boboc-Cojocaru, Permanences roumaines dans les Carpates du Nord (sur les daces slavisés et autres branches roumaines restées à l’extérieur des frontières de la Roumanie) ; prêtre Prof. Dr. Mihai Vălică, La fin du monde et les mouvements occultes.


ROST no 94

Un missionnaire authentique : le prêtre Constantin Sârbu

Dans son numéro 94 (décembre 2010), le magazine ROST rend hommage au père Constantin Sârbu qui a dédié sa vie aux pauvres et a construit l’église de Vergu, à Bucarest. Également en décembre, le monastère Diaconeşti (Bacău) a fait paraître le volume du père Sârbu, Larmes et Grâce, dont ROST donne d’amples citations. Dans le prologue qu’elles signent, les sœurs de Diaconeşti affirment : « Crucifiés, à l’époque, pour un credo qui ne convenait pas à un régime totalitaire et athée, et aujourd’hui pour une dignité nationale qui ne convient pas à un système globaliste et idolâtre, les nouveaux martyres roumains ne peuvent, malgré tout, être empêchés de ressusciter. […] Parmi eux, le prêtre martyr Constantin Sârbu. »

Également dans le sommaire : Hiéromoine Téofan Popescu – Nichifor CRAÏNIC et la revue Gândirea ; Anca Simitopol – Dostoïevski, critique de l’individualisme ; Paul S. Grigoriu – Le grand roman de la libération ; prof. dr. Ion Berghia – La Bessarabie aujourd’hui ; Mihnea Măruţă – chronique du film « Portrait du guerrier dans sa jeunesse» ; Constantin Mihai – Noël ; Mihail Băcăuanu - Les erreurs du catholicisme (II); Paul-Gabriel Sandu – La mort comme spectacle ; Pr. Antonio Aroneasa – Orgueil et schisme.


ROST no 93

Dumitru Oniga, le poète de la lumière

À beaucoup d’entre vous, le nom de Dumitru ONIGA (né en 1925) ne dit, probablement, rien. Détenu politique pendant près de 20 ans sous le régime communiste, Dumitru Oniga est un des témoins discrets mais tenaces d’une foi à laquelle ni les tortures les plus atroces ni les appâts les plus rusés n’ont réussi à l’arracher. C’est à lui que nous avons dédié le n° 93 (novembre 2010) de notre revue.

Poète authentique, ayant fait son apprentissage aux côtés de Nichifor CRAÏNIC et Radu GYR, Dumitru Oniga a toujours recherché Dieu, au prix de son sang et sur la voie de la poésie. Sa vie entière est contenue en quelques vers : « Si le poison de la vie je l’ai bu, /Si j’ai tâté d’amères profondeurs, /Houspillé, agoni et battu, /J’ai saigné grimpant vers les hauteurs, /Chercher la trace des pas du Seigneur. »
 

Également dans le sommaire : Prof. Dr. Const. Miu - La théologie de l’humilité ; Anca Simitopol  - L’État neutre ou “le merveilleux nouveau monde” ; Pr. Prof. Adrian Cherhaţ  - L’éducation religieuse dans l’école roumaine ; Alexandru Racu - Comment sommes-nous arrivés là où nous somes et qu’est-ce qui nous attend ?; Mihail Băcăuanu - Les erreurs du catholicisme (I) ; Viorel Patrichi - L’unification de la République Moldave avec la Roumanie se construit lentement mais surement – interview avec Mircea Druc, premier premier moldave anticomuniste ; Petru Raţiu - Bon signe pour les Istro-Rumains ; Nicolae Dabija - Dans un village de Tadjikistan on parle roumain.


ROST double (91-92)

Dedié au dernier grand « Roumain universel », Al. Ciorănescu

Pour des raisons administratives, le magazine ROST n’est pas paru en septembre. Nos lecteurs seront dédommagés, ce mois-ci, par un numéro double (91-92) dédié à l’éminent mais malheureusement trop peu connu savant roumain, Alexandru Ciorănescu.

Le magazine, qui sera dans les kiosques à partir du 12 octobre, contient, en plus du groupage sur Alexandru Cioranescu, (Razvan Codrescu, Le dernier grand « Roumain universel » ; Lilica Voicu-Brey, Al.Cioranescu - la leçon de générosité d’un maître ; Constantin Mihai, Le panorama de la littérature comparée), d’autres articles particulièrement intéressants et consistants.

Retrouvez dans le sommaire :

Alexandru Racu, La christologie orthodoxe et les idéologies politiques de la modernité ; Cristina Nemes, Zorica Laţcu – Le sacré emprisonné ; Constantin Miu, La théologie des larmes ; Paul Ghitiu, L’homme ensorcelé ; Marcel Răduţ Selişte – Une relation encore floue : BOR (Eglise Orthodoxe Roumaine, n.t.) – l’État roumain ; George Popescu Glogoveanu, L’origine métaphysique du bien et du mal ; Flori Bălănescu, La surveillance directe dans l’espace de la détention politique de Roumanie. Le judas.


ROST - 2002

Le proxénétisme de Parti et d’État

Le récent projet de loi visant à désincriminer et à institutionnaliser la prostitution rappelle, une fois de plus, l’ancien proverbe roumain : « le pays brûle et la vieille se coiffe ». Et ceci non seulement parce que dans la Roumanie postcommuniste il existe de nombreuses autres urgences législatives à caractère vital, mais aussi parce que la prostitution bénéficie déjà d’une réglementation officielle suffisamment large et parfaitement démocratique (art. 328 de l’actuel Code Pénal). De plus, si la loi sur l’homosexualité a été modifiée récemment comme une forme de courtoisie sui generis vis-à-vis de l’ambassadeur d’une grande puissance, dans le cas de la prostitution il ne s’agit d’aucune intervention extérieure. Ce n’est que l’idée fixe d’un groupe politique autochtone, étayée par une argumentation insuffisante, fallacieuse et rédigée dans un ridicule digne de l’Année Caragiale[1][1] (les bordels deviennent « éros-lieux » par la traduction décérébrée du syntagme eros-center !) qui a déjà fait le « délice » de plusieurs débats publics.

Le principal argument des partisans de cette réforme législative se veut d’ordre médical : institutionnaliser la prostitution rendrait possible sa surveillance et, par voie de conséquence, la diminution du taux de transmission des maladies vénériennes. Infaillible à première vue, cet argument propagandiste est réfuté par les nombreuses statistiques réalisées récemment tant dans des pays où la prostitution est incriminée que dans d’autres où elle ne l’est plus : il n’y a pas de différence significative entre les uns et les autres concernant le taux de maladies sexuellement transmissibles (MST). Ce qui prouve que le vrai problème n’est pas l’incrimination ou la désincrimination de la prostitution (existante partout et depuis toujours), mais la limitation du phénomène par des mesures responsables et concrètes de nature morale, éducationnelle, sociale, économique, médicale et sanitaire. La légalisation juridico-abstraite est une mesure facile et inefficace qui risquerait même de produire une recrudescence du phénomène (notamment sous la forme de réseaux parallèles, non-officiels), comme le montre l’expérience de la plupart des pays qui l’ont appliquée.

La légalisation permissive ne constitue, en dernière instance, qu’une forme d’encouragement et de protection officielle en vertu de laquelle l’État devient le principal proxénète.

En outre, comme tout le monde le sait (à l’exception de nos parlementaires), la plupart des maladies sexuellement transmissibles ont une période d’incubation longue durant laquelle même le plus rigoureux des contrôles ne peut les dépister avec certitude. Or, pendant ces mois ou ces semaines, une prostituée malade (N.B. : 80 fois plus prédisposée aux MST qu’une personne menant une vie sexuelle normale !) peut contaminer des centaines, voire des milliers de clients qui deviennent à leur tour, sans s’en douter, des transmetteurs vers au moins autant d’autres personnes (notamment des épouses respectables et, parfois, leur progéniture).

D’un point de vue sociologique, nous nous trouvons non seulement devant une menace pour la vie familiale, mais également devant une nouvelle forme d’esclavage. Vendant sons corps plus ou moins librement, la prostituée vend en même temps sa liberté, devenant, de ce fait, la propriété du proxénète et étant plus ou moins soumise à ses différents caprices – elle ne décide plus ni du prix, ni des « prestations », ni des clients, ni du rythme de son activité. La prostituée ne perd pas seulement sa dignité, mais aussi son humanité, devenant, petit à petit, une simple « machine à sexe ». De même, l’implication affective, morale et spirituelle étant exclue de son activité, elle perd les principales marques qui distinguent l’humain de l’animal. La prostitution légalisée est la plus cynique modalité d’humiliation officielle de la femme, car elle implique une discrimination indirecte et une grave détérioration de son image générale dans la conscience du sexe opposé. 

Enfin, il est presque superflu de parler du scandale moral et religieux d’une telle loi antimorale contre laquelle, naturellement, l’Église s’est dressée en principal bastion de résistance. La prostitution souille le corps humain : de « temple du Saint-Esprit » (I Corinthiens, 6, 19), il devient haut-lieu de la débauche. L’Ancien Testament était marqué par le signe du septième Commandement (« Tu ne commettras point d'adultère ! » - L’Exode, 20,14) et punissait sévèrement (allant jusqu’à la lapidation) toute forme de débauche. Dans le Nouveau Testament, Jésus est beaucoup plus tolérant (et nous exhorte tous à la tolérance par l’introspection : « Que celui d’entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle ! » - Jean 8:7), mais il met aussi en garde (« Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus. » - Jean 8:11). Or, nous, qui nous prétendons chrétiens en vertu d’une longue tradition, voilà, nous cherchons à créer un cadre légal pour pécher, sans plus nous inquiéter de Dieu, Que nous avons fini par réduire juste à une sorte de garant conventionnel des messes du souvenir.

Face à ce projet de loi antichrétien, antinational et antihumain à la fois, la jeunesse roumaine se sent offensée et profondément inquiète, voyant son avenir menacé dans ses plus purs aspirations. Les jeunes d’aujourd’hui (et leurs descendants) seront les principales victimes de la dissolution sociale et bioéthique à laquelle leurs parents se préparent à accorder leur vote.

Par conséquent, nous ne pouvons que dénoncer cette initiative, à la fois abjecte et aberrante, guidée subsidiairement par des raisons mercantiles occultes et par laquelle une classe politique patibulaire, après avoir proposé à la Roumanie de devenir « Draculaland », lui propose maintenant de devenir une Thaïlande de l’Europe.

Rãzvan Codrescu
 


La République de Moldova ou l’agonie d’une construction étatique qui a échoué

 

Considérée avec sympathie par l’opinion publique roumaine au début des années 1990, la République de Moldova a « réussi », en dix ans d’existence, un parcours que rien ne laissait prévoir : de l’émancipation culturelle et politique à l’agressivité internationale et à l’exportation d’insécurité. Les tentations déviantes nationalistes de chacun des gouvernements d’après le démembrement de l’URSS ont inhibé la résurrection du sentiment naturel (pro-)roumain et créé une fausse identité nationale (moldave), doublée du réveil brutal du nationalisme des minorités (russe, gagaouze, ukrainienne).

L’ambition de construire un nouvel État, stimulée par la perpétuation des intérêts moscovites dans la région ou par les faveurs assurées à une élite politique véreuse, n’a pas été accompagnée par des gouvernements efficaces. Après une agonie de dix ans, on peut parler aujourd’hui de l’échec de l’État moldave. L’actuelle République de Moldova est un État aux structures corrompues et mafieuses, qui exploite sauvagement une population acculée à la limite du désespoir et de la survie.

Les « réalisations » du dernier gouvernement communiste ont anéanti ce qu’il restait encore de spiritualité roumaine. L’officialisation de la langue russe, l’intention de remplacer l’Histoire de la Roumanie par celle de la Moldavie dans l’enseignement scolaire, la bataille juridique menée par le gouvernement avec la Métropole de Bessarabie, promouvoir un projet administratif atypique pour une Europe démocratique et déclarer les Roumains comme « minorité » (ethnie différente des Moldaves majoritaires) équivalent à une guerre dure et non-officielle contre la Roumanie.

Dans un pays où les minorités (Gagaouzes, Ukrainiens) préfèrent le russe à la langue officielle (le moldave) et les enfants, dès leur plus jeune âge, regardent fascinés des chaînes comme Cartoon Network et Discovery traduites seulement en russe, l’option anti-roumaine semble naturelle. De l’autre côté du Prut, le message unioniste n’a trouvé aucun écho et la perte de l’identité nationale n’est pas ressentie comme telle. Les nationalistes de bas étage ont guidé une population pauvre, quasiment dépourvue de culture civique et politique, vers une identité distincte, utopique et uchronique, le moldavisme. Le dernier nationaliste en haut du classement, Iurie Roşca, n’a pas réussi à tracer une ligne claire pro-roumaine et, somme toute, unioniste. En revanche, il s’est fait remarquer par un pro-occidentalisme qui anéantit l’idée de rattachement à la Roumanie. Obsédé par la lutte antirusse et anticommuniste dont il brandit inlassablement le drapeau, il aspire à récolter tous les mérites politiques de l’opposition. Il insiste sur cette nouvelle et fausse identité, et refuse de collaborer avec les intellectuels attachés sincèrement aux valeurs roumaines.

Un ennemi à l’Est

Force est de constater que, par suite des interventions de la pseudo-élite politique bessarabe, la Roumanie partage sa frontière Est avec un État ennemi.  La position de la République Moldave entre deux États plus puissants qu’elle et aux valences culturelles complémentaires a aggravé sa situation dès le départ. L’impact des acteurs extérieurs a été tellement fort que la prétention d’indépendance de Chisinau s’inscrit dans le ridicule. Ancrée dans une zone grise (pour ne pas dire noire), la Bessarabie se débat dans un lamentable effondrement économique.

Il suffit de comparer quelques données statistiques pour nous faire plaindre ces « indépendants » vivant entre le Prut et le Dniestr. Si l’on considère le PIB par habitant, la République Moldave, avec 326 $, arrive non seulement derrière d’autres pays de l’Europe de l’Est (Roumanie = 1600$), mais aussi à la fin de la liste des pays de l’ex-URSS (Géorgie - 555$, Ukraine - 640$, Lituanie - 3000$). Quant aux investissements étrangers directs, la République Moldave a atteint, enfin, les 100 millions $, à bonne distance, toutefois, de l’Ukraine (600 mil $), de l’Estonie (241 mil.$) ou la Lituanie (355 mil.$).

Une guerre à l’horizon

La réalité de l’année 2002 nous offre une perspective sombre : la Moldavie est un État raté, avec des résultats presque nuls, où il existe des frictions entre ses groupes ethniques, où l’on constate l’absence de libéralisation économique, où l’idée de justice et d’ordre ressemble à une parodie. En termes de démocratie, on se le demande : le citoyen moldave, est-il satisfait des services publics fournis par l’État (au nom du responsable contrat social de Rousseau) dans des domaines comme l’éducation, la santé, la sécurité des personnes, la justice, le secteur économique ?

Confronté à la crise institutionnelle et idéologique interne, l’État moldave joue sur le registre émotionnel procédant à un transfert des priorités vers des problèmes inventés sur demande. L’option de constituer un État fédéral (où les minorités peuvent faire chanter le centre) est un problème interne ; et si le fait que cette formule entérine les ingérences extérieures slaves dans les affaires de la république ne dérange pas les citoyens, cette question ne regarde pas leurs voisins. En revanche, exporter de l’insécurité et manifester de l’hostilité envers d’autres États sont des questions qui tendent à enflammer toute la région.

Si nous nous sommes habitués, conformément à la théorie politique, que la naissance d’un État génère des guerres, nous ne pouvons pas pour autant nous accommoder au fait de passer de la guerre chaude (Transnistrie) à la guerre froide. Avec la détérioration de la situation interne en Moldavie, les autorités de Chisinau ont renoncé à la diplomatie et sont passées aux agressions verbales contre la Roumanie, stigmatisant notre « internationalisme » devant les instances européennes. La tentative de transférer sur un plan extérieur le mécontentement populaire intérieur est une pratique facile à démasquer aujourd’hui. Le gouvernement Tarlev devrait plutôt focaliser son énergie, générée par l’argent de Moscou et entretenue avec du vin de Cricova, sur des solutions économiques.

La dette publique : deux milliards de dollars

En 2001, la République moldave a tenté d’adhérer à l’union Russie-Belarus. En outre, le processus d’adhésion au marché commun de la CEI continue et le contrôle des prix a été instauré avec fermeté. Pour ces initiatives « de génie », le FMI a stoppé l’assistance financière, compromettant ainsi les chances de rapine de la classe politique. La dette de l’État a atteint 2 mds $, soit 80% des revenus annuels du pays.

Ce tableau de l’échec de la construction de l’État moldave achève l’idée que la République de Moldavie est une menace pour la stabilité de la région. L’éventualité qu’une nouvelle guerre chaude éclate sur le Dniestr, l’exode de la population appauvrie vers ses voisins, l’agressivité envers Bucarest et la mise en avant d’un nouveau modèle politique à penchants totalitaires n’encouragent pas la sérénité dans la région. Les affrontements confessionnels et ethniques, la confirmation de cet espace comme un paradis du transit de drogues, de chair humaine et d’armes, ainsi que la faiblesse de l’État moldave invite à d’interminables interventions étrangères. Percevant l’insécurité exportée par Chisinau, Bucarest ne peut que se déclarer sidéré par l’explosion de l’anti-roumanisme de l’autre côté du Prut.

Le blâme permanent sur la Russie permet à Moscou d’accuser la Roumanie d’infiltration et de l’organisation des démonstrations anti-communistes, bien que la Roumanie ne contrôle aucunement les agitateurs des rues. Il ne reste à la Roumanie que la décente solution de blâmer le totalitarisme de velours et la possibilité de faire pression pour l’intronisation de la démocratie.

À quand la décomposition de la République de Moldavie ?

Puisque des critères politiques archiconnus indiquent la faiblesse de l’État moldave, on se demande quand aura lieu sa décomposition ou, comme solution alternative, sa ré-annexion (souterraine) aux structures économiques et politiques de l’ancienne métropole bolchevique.

En République de Moldavie, la problématique standard de l’immaturité étatique est visible : violences politiques, police politique, conflits majeurs concernant l’idéologie organisationnelle de l’État (communisme vs démocratie), manque de cohérence dans l’identité nationale, contrôle gouvernemental des médias, non-respect des droits civiques et ingérences extérieures. Comme dans la plupart des États faibles, le gouvernement moldave se montre très préoccupé par les menaces internes (l’opposition, les minorités, les structures administratives sécessionnistes) et ne parvient pas à créer un consensus politique et social suffisamment fort pour renoncer à l’utilisation de la force à grande échelle. Ce qui montre que la relation État-citoyen est la principale menace pour la sécurité intérieure.

 La Roumanie impérialiste

« État » étant une notion artificielle dans le cas de la Moldavie, les gouvernements consacrent des ressources importantes au maintien de la cohésion à un niveau acceptable. Toutefois, les institutions gouvernementales constituant elles-mêmes la principale menace pour la masse des individus, la sécurité nationale interne ne veut presque plus rien dire. Dans ces conditions, le gouvernement veut s’assurer la légitimité par le biais d’une ruse politique, en s’identifiant avec l’État et en prétendant défendre les citoyens contre des menaces extérieures. Cultiver l’idée de menaces extérieures comme moyen de maintenir la cohésion intérieure à un niveau élevé peut réussir, dans le cas de la Moldavie, seulement au risque d’imaginer la Roumanie comme un État agresseur et impérialiste. C’est de cette façon qu’un gouvernement antinational qui œuvre pour l’exploitation inhumaine de ses propres citoyens veut gagner une légitimité qu’il ne mérite pas.

Impliquée dans le problème de la Bessarabie pour des raisons nationales historiques, la Roumanie tend naturellement à lutter (au moins culturellement et spirituellement) pour la protection du roumanisme et des Roumains de l’autre côté du Prut. Mais, dans ces circonstances (le chaos de l’État moldave et de l’affirmation de l’espace dnistrien comme une zone d’intérêt majeur pour la Russie), Bucarest risque d’être pris dans un tourbillon d’événements qui compromettrait son image aux yeux de la population bessarabe au cœur roumain.

Petru Roibu

 


 

Notre Rost *

Dans la véritable Babylone médiatique et organisationnelle de la Roumanie de ces 13 dernières années, assombrie en grande partie par le spectre du raté, il semblerait ne plus y avoir de place pour un nouveau-venu.

Dans ces circonstances, un groupe de jeunes, bénéficiant du parrainage honorant de quelques noms de premier plan de la spiritualité roumaine, frayent leur chemin dans l’espace civique. Et le principal moteur de ce groupe est le Rost .

Le scepticisme que peut éveiller une telle entreprise aujourd’hui est alimenté par une mentalité perdante, tentée de placer tout nouveau groupe de nouvelle émergence sur la ligne des médiocrités impuissantes qui peuplent, anonymes, la société civile de la dernière décennie et plus.

Mais les possibles doutes de certains ne nous découragent pas. Au contraire, ils renforcent notre détermination et nous responsabilisent davantage.

Notre initiative a été générée par le sentiment que nous ne nous retrouvons dans aucune des formules d’action civique ou politique existantes dans la Roumanie de 2002. De plus, nous ne pouvons pas nous accommoder du fait que beaucoup de Roumains se sentent honteux de leur appartenance à cette nation. Nous n’admettons pas non plus que le roumanisme reste le monopole des sinistres avortons du national-communisme, compromettant ainsi un idéal généreux. Raisons suffisantes pour affirmer clairement notre credo. Au risque, même, d’être éclaboussés par le voisinage « discursif » de certaines formations civico-politiques qui tirent leur sève de l’agitation démagogique des valences nationalistes.

Nous ne craignons pas d’être taxés d’extrémistes pour l’ambition et le courage de vouloir corriger une société malade.

Par conséquent, Rost est l’expression journalistique d’un roumanisme sain, qui trouve ses fondements autant dans la Tradition que  dans la modernité.

Ce manifeste roumain n’est ni politique, ni exclusivement culturel ; il est destiné à la résurrection morale et spirituelle des Roumains dans le but de retrouver la dignité nationale et d’imposer un modèle roumain dans le monde. À partir de ce point de vue, sont obligatoires la redécouverte des valeurs traditionnelles et la consolidation de l’identité nationale. De même qu’il est nécessaire à notre discours de ne  pas manquer d’objectivité.

Rost a l’ambition d’apporter dans le paysage journalistique roumain un état d’esprit tonifiant et motivant pour la nouvelle génération des Roumains de partout. Un état d’esprit élevé sur les repères d’un devenir – personnel et communautaire – naturel. Un état d’esprit capable de coaguler une nouvelle élite d’essence conservatrice, qui saura répondre aux difficultés et défis du présent.

Nous considérons que c’est notre mission de rallumer et d’entretenir ce vécu que, en termes politiques, nous pourrions nommer roumanisme constructif. Sans nostalgies passéistes, sans complexes et sans projets utopiques.

Nous ne nous imaginons pas que nous réussirons tout seuls, ni que nous pourrons réparer en un tour de main ce qui s’est délabré ou détruit en plus d’un demi-siècle. D’autant plus que les piliers fondamentaux de la société roumaine sont gravement affectés. Par une propagande insistante et persuasive, la notion de Famille a été réduite à l’équivalent d’un caprice ; l’Église est devenue une valeur aléatoire ; l’École – formaliste et inutile ; l’Armée – un intervalle de l’humiliation déclencheur d’actes suicidaires.

La dénaturation de ces centres d’éducation menace de faire exploser l’ordre naturel de la cité, nous laissant en proie aux tentations de l’anarchisme.

Conscients de tout ceci, nous refusons de continuer à panser nos plaies sans essayer de leur trouver le remède.

Le magazine Rost se propose d’aider le monde roumain à trouver sa raison d’être, perdue dans le communisme, en se redécouvrant soi-même, en premier lieu par le recours critique à une tradition qui le légitime, nationale et européenne dans une même mesure.

Claudiu Târziu

* Rost = sens ; but ; destinée ; mission ; justification ; tâche (n.t.)

 

 


1 CARAGIALE, Ion Luca. Écrivain roumain (Haimanale, près de Ploiesti, 1852 – Berlin 1912). Observateur lucide et acerbe de la société de son temps, il dénonce les clichés du langage et du comportement quotidiens, annonçant ainsi le théâtre de l'absurde. L'année 2002 fut déclarée « année Caragiale » en Roumanie, et de nombreuses
manifestations furent organisées en l'honneur du grand dramaturge.


 



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